Train Mont-Blanc Express : Saint-Gervais, Chamonix, Vallorcine, Martigny

Contexte géographique et historique

L’Aiguille verte et les Drus, depuis la Charlanon.
L’Aiguille verte et les Drus, depuis la Charlanon. Au fond à droite, on aperçoit les Grandes Jorasses. À droite à mi-pente, on distingue le Montenvers.

La vallée de Chamonix est située au pied de la chaîne du Mont Blanc, le plus haut sommet d’Europe (4807 m). Elle est parcourue par un torrent appelé Arve, qui naît en son extrémité, et est alimenté par les torrents exutoires des glaciers de la chaîne. Ce torrent rejoint la plaine, puis se dirige vers Genève où il se jette dans le Rhône, à l’extrémité sud du lac Léman.

Cette vallée est un lieu de passage depuis l’antiquité, car elle permet de rejoindre Martigny, en Suisse, à partir de la basse vallée de l’Arve (Sallanches, Cluses, Bonneville). Située dans la vallée du Rhône en amont du lac Léman, Martigny est elle-même un carrefour important. Le trajet depuis la vallée de l’Arve se fait via le col des Montets, qui donne sur la Suisse, puis par la vallée du Trient ou bien le col de la Forclaz.

Schéma
Le Mont-Blanc et l’arête des Bosses (à droite).
Le Mont-Blanc et l’arête des Bosses (à droite).
La chaîne du Mont Blanc.
La chaîne du Mont Blanc. De gauche à droite : Aiguille du Midi, Mont Blanc du Tacul, Mont Maudit, Mont Blanc, Dôme du Goûter, Aiguille du Goûter, Aiguille de Bionassay.

À Chamonix, les activités sont essentiellement agricoles jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Les montagnes ne sont pas fréquentées, car on les considère comme des lieux dangereux, voire maléfiques.

Le destin de la vallée bascule en 1741 lors de la visite de deux voyageurs britanniques, Windham et Pococke. Ces derniers se rendent notamment à la Mer de Glace, le plus long glacier de la chaîne. Ils s’émerveillent des panoramas qui leur sont offerts, et sont suivis par de nombreux autres voyageurs. Paccard et Balmat gravissent le Mont Blanc pour la première fois en 1786, ce qui lance une nouvelle activité, l’alpinisme, dont Chamonix se voit vite décerner le titre de capitale à l’échelle planétaire.

Le phénomène ne fait que s’amplifier au XIXe siècle, avec de plus l’introduction du ski alpin. Or la vallée de Chamonix est relativement difficile d’accès : Chamonix est desservie depuis Sallanches par un chemin qui ne peut se parcourir qu’à cheval. En 1820, le trajet Genève-Chamonix dure 17 heures.

En 1860 Napoléon III ordonne la construction d’une route carrossable, qui ouvre en 1867. Le trajet depuis Genève est réduit à 7h30, ce qui reste long. Les dernières décennies du XIXe siècle vont profondément modifier la physionomie des transports en France, avec un développement important des chemins de fer.

Cette époque est prolifique en projets de percement des Alpes par des tunnels ferroviaires internationaux. Plusieurs projets concernent le Mont Blanc, mais aucun d’entre eux n’aboutit ; on leur préfère les tunnels du Mont-Cenis/Fréjus (ouvert en 1871), du Saint-Gothard (1881), du Simplon (1905). La vallée de Chamonix devra attendre des préoccupations d’aménagement du territoire français pour voir arriver le rail...

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Références bibliographiques

Dernière mise à jour : 12/10/2016. © Christophe Jacquet, 2000-2017. Tous droits réservés. Contact. ✓ HTML5.